Le nombril : ennemi de la rédaction persuasive
Par Jean-François Major le mercredi, 16 juin 2010, 05:00 - Lien permanent

J’ai souvenir d’une fille brillante avec qui j’ai fait mes études. Une première de classe, motivée, talentueuse – et même jolie. C’est également quelqu'un qui commençait toutes ses phrases par « Moi, je… ». « Moi, je pense que c’est plus joli en vert. Moi, je pense que cette police de caractères-là est un meilleur choix… » Vous avez certainement connu des gens comme ça ?
Trop de sites web et de documents de présentation d’entreprise sont écrits au « Moi, je ». Les expressions clichés comme « chef de file canadien » et « leader en Amérique du Nord » ou « firme établie comptant sur l’expertise de spécialiste oeuvrant dans le domaine depuis plus de 40 ans » ont beaucoup moins d’impact qu’on ne le pense.
C’est difficile de séduire des clients en tenant un long monologue sur soi-même. Mieux vaut vous montrer intéressé, réceptif, démontrer que vous comprenez leurs besoins et que vous êtes l’entreprise la mieux placée pour bien les servir. Ce n’est pas pour rien que « vous » est considéré un mot magique en publicité – tout juste après « gratuit ».
Développer des communications persuasives, c’est s’éloigner des textes centrés sur soi-même.
Le client devrait toujours être au cœur de la rédaction. L’utilisation de « vous », « votre » et d’autres mots semblables établit un dialogue entre vous et votre client. Un exercice simple à faire est de prendre un texte et de surligner en rouge tous les mots à la première personne (« nous », « nos », etc.) et de surligner en vert tous les mots à la deuxième personne (« vous, vos », etc.). S’il y a beaucoup de rouge et peu de vert, ce n’est pas bon signe. Faites le test : même cet article-ci est dans le vert !
Et vous ? Est-ce que vos textes parlent de vos clients ou de votre nombril?

